Bach - 3 Suites pour violoncelle, à l'Église Saint-Éphrem
- Luke Horsey

- 28 janv. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 mai 2025

Ce samedi dernier, je suis allé avec une amie à l'Église Saint-Éphrem en plein cœur du 5e arrondissement de Paris pour voir le concert "candlelight", ou "Bach à la lumière des bougies".
J'avais beaucoup entendu parler des concerts dits "candlelight" un peu partout. La plupart du temps les pubs m'ont paru sur TikTok, promettant un concert intime, chaleureux et, bien sûr, plein de bougies. J'en étais très curieux, peut-être même un peu sceptique, et donc quand j'ai découvert ce concert "candlelight" à l'Église Saint-Éphrem, juste à côté de la Sorbonne, ça me tentait beaucoup. Voici, le bilan de l'expérience.
Quand mon amie et moi arrivons à l'église en fin d'après-midi, on se rend vite compte qu'on est sur le point de vivre une expérience très intime. L'Église elle-même est petite et très belle : l'endroit idéal pour un concert à l'atmosphère familière que j'attendais. On n'est pas nombreux dans la salle, et bien qu'il y ait les bougies promises, la salle devient de plus en plus sombre avec chaque minutes avec le coucher du soleil qui se précipitent par les fenêtres.
La violoncelliste, Pauline Boudon, arrive sur scène juste après 17h, dans une robe simple mais élégante, noire. Sans rien dire, elle se mit à jouer les premières mesures très reconnaissable de la première suite. C'est tout de suite évident qu'il n'y a aucune personne dans cette salle qui ne connaissent pas ces notes. Globalement, c'est difficile pour un soliste de savoir exactement quoi faire d'une pièce aussi connue que celle-ci. Toutefois, Boudon s'attaque à la suite d'une modestie admirable, et elle sait bien lesquels moments de la pièce exigent une expression plus forte - par exemple, les arpèges du thème principle qui demandent une certaine force. À la fin de la première suite, Boudon explique son attachement personnel à ce mouvement, commentant sur le choix de la clef de sol majeur et le sentiment pastoral qu'elle évoque. Pour moi, cette suite me renvoie aux émissions de ventes d'antiques que ma mère regardaient pendant ma jeunesse.
La deuxième suite, en ré mineur, est bien plus sombre. Ainsi, la salle, d'abord remplie d'un air jovial tout au long de la première suite, se lance dans une atmosphère plus timide, plus hésitante. Boudon laisse l'instrument chialeur : tantôt on se trouve dans une tempête rageuse et sans pitié, tantôt on a affaire à un bébé qu'on ne peut consoler. De suite, Boudon explique l'importance de la contraste entre les deux premières suites dans la programmation, et surtout comment elles nous préparent à la troisième suite. Boudon remarque que Bach a choisi do majeur pour cette dernière suite du concert : une clef souvent associé avec une joie simple et enfantine, la façon parfaite pour conclure le voyage de ces deux dernières suites. Vive et enjouée, cette troisième et finale suite anime l'audience que la dernière avait rendue plus contemplative. La suite se termine en cadence parfaite, et Boudon salue devant une audience entièrement débout.
Si jamais vous vous ennuyez et vous cherchez quelque chose à faire de votre samedi, un concert à Saint-Éphrem pourrait être une belle idée. Les billets ne sont pas chers (surtout par rapport aux autres concerts que vous pourriez fréquenter à Paris) et l'ambience est bien plus détendue et intime que les grandes salles parisiennes comme l'Opéra Bastille ou la Philharmonie. Il y a plusieurs possibilité de réduction, par exemple je n'ai que payé 15 € pour mon billet avec ma carte étudiante. Si ça vous tente, vous pouvez regarder la programmation ici : https://www.classictic.com/fr/bach-%C3%A0-la-lumi%C3%A8re-des-bougies-%C3%A0-l%C3%A9glise-saint-ephrem-suites-pour-violoncelle-seul/14773/?e=1585629




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